Stage de mars au Sénégal, un grand succès

Le stage Animath à Dakar (projet « Sénémath ») une belle réussite, et le début d’un projet de long terme.

Sur les deux premières photos, les intervenants d’Animath, Rémi Molinier et Emilie Buessler travaillant aec les stagiaires. La troisième les montre filmés pendant un reportage télévisé. Sur la dernière photo, avec Alioune Badara Goréee Sow, coordonnateur du Réseau des clubs scientifiques du Sénégal, lors de la remise des diplômes aux participants.

Compte rendu de la session : CR Session Dakar mars 2019

Le reportage fait jour par jour par le web magazine Télé-école

Cérémonie d’ouverture

Session 2

Session 3

Session de clôture

Stages lycéens en Afrique 2019 : premier jour au Sénégal et Burkina-Faso

Ce 25 mars 2019, deux stages pour lycéens d’Afrique subsaharienne ont débuté, l’un à Dakar au Sénégal, et l’autre à Bobo-Dioulasso au Burkina-Faso.

Ces stages s’inscrivent dans l’action internationale d’Animath et sont rendus possibles grâce au soutien de Campus France, avec qui nous avons passé une convention. Après le Sénégal et le Burkina Faso, il y aura dans les prochaines semaines la Côte d’Ivoire, la République Démocratique du Congo, puis plus tard ce printemps la République du Congo, et enfin le Cameroun et le Bénin.

Le stage au Sénégal est animé scientifiquement par Rémi Molinier et Emilie Buessler, respectivement professeur agrégé et doctorante à l’université Grenoble-Alpes, et est organisé par Alioune Badara Goree Sow, étudiant au département mathématiques et informatique l’Université Cheikh Anta DIOP, coordonnateur du Réseau des Clubs Scientifiques du Sénégal.

 

Le stage au Burkina est encadré par le professeur Arouna Darga, de l’université Pierre-et-Marie Curie, et par trois étudiants à l’École polytechnique : Virgine Do, Thomas Vezin et Thomas Sentis. Les séances se déroulent du 25 au 30 mars de 7h à 15h à l’université Nazi Boni de Bobo Dioulassou (voir l’article paru dans le magazine en ligne Lefaso.net)

 

Les stages Animath de 2019 en Afrique subsaharienne avec le soutien de Campus France

Animath va organiser en 2019 des stages dans sept pays d’Afrique, dans le cadre d’une convention avec Campus-France. Un huitième, le Mali, devrait bientôt les rejoindre.

Voir ici le communiqué de presse conjoint Campus France – Animath publié le 22 mars 2019 à l’occasion de l’ouverture des premiers stages au Sénégal et au Burkina-Faso.

Avec en perspective la création ou le renforcement de clubs lycéens de mathématiques, est organisé dans chaque pays un stage intensif d’une semaine rassemblant à la fois les lycéennes et lycéens des clubs existants ou à naître, leurs professeurs de mathématiques qui ensuite les encadreront dans leurs activités périscolaires, et des universitaires du pays qui apporteront la dimension « recherche et innovation » à ces activités.

Entre mars et juin 2019 sont concernés : la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Sénégal,  le Congo-Kinshasa, et le Congo-Brazzaville. Puis à l’automne : le Cameroun, et le Bénin.  Le Mali sera associé aux travaux réalisés dans ces pays où  d’ores et déjà plusieurs créations de clubs sont annoncées.

Animath envoie dans chaque session deux trois mathématiciens, chercheurs ou étudiants avancés ayant tous déjà l’expérience d’avoir participé à des clubs lycéens ou animé des stages similaires, en France ou à l’étranger.

Pourquoi créer des clubs lycéens de mathématiques périscolaires en Afrique subsaharienne ?

L’Afrique a un besoin urgent de former des cadres scientifiques aptes à s’adapter à la nouvelle économie largement fondée sur le numérique, les communications, les innovations et les capacités à adapter les découvertes en sciences et technologies aux besoins locaux de développement.  Si cela ne se réalise pas elle accusera son retard dans ces domaines nécessaires à son développement. Dans ce cadre les mathématiques et l’informatique jouent un rôle important, même si d’autres domaines doivent aussi être pris en considération tant en sciences exactes qu’en sciences humaines.

Or l’enseignement de mathématiques en Afrique souffre de plusieurs difficultés qui ne lui sont d’ailleurs pas strictement propres :

  • La formation de base en mathématiques des enseignants d’école, de collège et de lycée est souvent largement insuffisante. Selon plusieurs sources, dans certains pays moins de 10% de ces enseignants ont en mathématiques ou en informatique une formation de base suffisante pour faire leurs propres enseignements. Beaucoup d’entre eux ne connaissent pas vraiment l’utilité et la place des mathématiques dans la société.  De plus la faiblesse des salaires des enseignants fait que ceux qui réussissent à faire de bonnes études de maths (pas forcément à un niveau très élevé) trouveront de bien meilleures rémunérations que dans l’enseignement.
  • En conséquence les cours de maths sont trop souvent enseignés de manière très dogmatique, avec parfois un manque de rigueur que bien sûr peu d’élèves sont aptes à déceler, et la transmission de « formules » à appliquer avec plus ou moins de bonheur. Le doute et la découverte de la rigueur et de la beauté de démonstrations « élégantes » sont parfois remplacés par une nécessaire docilité dans l’apprentissage, ce qui est le contraire tant de l’attitude du chercheur que de l’esprit de l’innovation.
  • Une autre constatation est la faible proportion de filles qui s’orientent vers les études scientifiques et particulièrement les mathématiques. Or l’éducation des filles, et en conséquence la place des femmes à égalité avec les hommes, est un point essentiel de la construction de la démocratie et d’une démographie maîtrisée.
  • Plus généralement, le nombre de jeunes Africains se destinant aux études scientifiques et techniques est très insuffisant.

Or on constate que mis dans une situation qui favorise et valorise son inventivité, un ou une élève peut opérer un véritable déblocage dans son attitude de passivité devant les maths. L’idée principale étant alors de lui faire s’approprier les mathématiques qu’il découvre, certes avec l’aide de mathématiciens à la fois passionnés par leurs domaines et expérimentés dans cette relation avec les élèves. Les résultats sont souvent spectaculaires, comme le montre cet extrait de la lettre d’une élève congolaise exprimant son sentiment sur l’école d’été de 2016 d’un club Animath de Kinshasa :

« …. J’ai compris que les mathématiques sont aussi un langage où chaque phrase exprime une idée, annonce un résultat et formule une demande. J’ai compris qu’en mathématique avant de mémoriser une formule et la reproduire lors d’un exercice ou dans un contrôle, il faut déceler la logique qu’elle comporte. Celle-ci se trouve dans chaque donnée, théorème, formule que nous appliquons. Ce n’est qu’une fois cette logique imprégnée que les voiles tombent. La logique nous aide à bien comprendre les énoncés d’exercices. C’est par l’appropriation de cette logique, par la compréhension des mathématiques comme un langage que nous serons à même de donner corps aux théorèmes, axiomes  et principes…. »

Conscients de ces problèmes plusieurs mathématiciens ont créé en France il y a une vingtaine d’années l’association Animath, pour rendre les maths plus attractives auprès des élèves de collèges et de lycées. Il s’agit alors de faire travailler les lycéens en mini groupes de 4 à 6 sur des sujets non triviaux, demandant de la réflexion parfois longue mais toujours passionnante.

Plusieurs dimensions ont été données à l’action d’Animath et des associations du même type travaillant en relation avec Animath, Math.en.Jeans, Kangourou des maths, Filles et Maths, Concours Alkindi de codage, etc., toutes cherchant à intégrer une orientation recherche dans leurs activités et non à dispenser des rappels ou renforts de cours. Clubs de mathématiques de divers niveaux (il y en a plusieurs centaines maintenant en France), compétition entre équipes sur des sujets donnés à l’avance ou élaborés ensemble, travail en commun avec des chercheurs, conférences de vulgarisation, etc.

En 2010 en répondant à des sollicitations venant de pays étrangers, Animath a démarré une activité internationale, en aidant à l’implantation durable dans ces pays de clubs lycéens de mathématiques périscolaires, c’est-à-dire hors des cours classiques, destinés uniquement à des élèves motivés, et avec la participation de chercheurs mathématiciens locaux et français. Cela touche en particulier l’Afrique francophone subsaharienne.  Nous pensons que si ce qui démarre en collaboration avec les universités et lycées dans un pays donne naissance  à quelques clubs lycéens, et que ceux-ci essaiment ensuite plus largement, le pari de faire naître un intérêt plus grand pour les sciences et la technologie, tant pour les lycéens que pour les lycéennes, sera en voie d’être gagné.

Dans ce pari nous espérons favoriser le retour de compétences de la diaspora scientifique africaine installée en France.  Ce qui est déjà engagé par la présence  dans les équipes déjà constituée de trois mathématiciens d’origine africaine en poste dans des universités françaises. Par la suite il pourra être envisagé d’organiser un suivi pour les anciens des clubs lycéens devenus étudiants en mathématiques ou informatique et de les aider à poursuivre des études de haut niveau en organisant en Afrique même des sessions d’initiation à la recherche. .

Enfin, Animath étant en contact étroit avec les universités en France peut aussi servir de relais pour aider à développer les coopérations scientifiques franco-africaines en mathématiques et informatique, voire plus largement en sciences, et même au-delà.

 

Lancement du concours franco-chinois de mathématiques – Compter avec l’autre

Le mercredi 20 mars 2019, en simultané en France et en Chine, environ 20 000 élèves de seconde ont participé à la troisième édition du concours Compter avec l’autre.

En France, 5 000 jeunes de 42 établissements différents répartis à travers tout le territoire, de Bastia à Arras et de La-Roche-sur-Yon à Strasbourg.

 

Lancement officiel

La cérémonie de lancement officiel a eu lieu le 20 mars au matin (heure de France) dans les deux pays en même temps.

Cérémonie de lancement au lycée Jacques Decour – Paris

Cérémonie de lancement au lycée numéro 35 – Pékin

Pour la partie française, c’était au lycée Jacques Decour, haut lieu de la coopération éducative franco-chinoise, que les institutions organisatrices s’étaient rassemblées.

  • Monsieur YANG Jin, Ministre Conseiller pour l’Éducation de l’Ambassade de Chine en France,
  • Madame Élisabeth CHANIAUD, Doyenne des Inspecteurs de l’Académie de Paris,
  • Monsieur François NEUVILLE, IA-IPR honoraire de la DAREIC de Paris,
  • Madame Bernadette THOMAS, Chargée d’Études à la DREIC (MENJ),
  • Monsieur Fabrice ROUILLIER, Président de Animath
  • Monsieur Patrick HAUTIN, Proviseur du lycée Jacques Decour

 

Discours des institutions organisatrices du concours devant les participants

YANG Jin, Ministre Conseiller pour l’Éducation de l’Ambassade de Chine en France distribue les sujets

 

Le concours

Lancé en 2014 pour célébrer le cinquantième anniversaire des relations diplomatiques entre Pékin et Paris, le concours en est aujourd’hui à sa troisième édition.

Les 42 établissements participants sont répartis en 28 zones. Chaque zone aura un lauréat lors de l’annonce des résultats dans quelques semaines.

Les sujets du concours sont entièrement franco-chinois puisqu’ils sont rédigés par une équipe mixte (3 experts français, 3 experts chinois) et sont ensuite traduits dans la langue des participants. À 8 000 km de distance, tous les élèves répondent exactement aux mêmes questions !

Vous pouvez trouver, concernant l’édition 2019 :

Le travail de conception de ces sujets représente une coopération scientifique importante en termes d’enseignement des mathématiques qui enrichit les méthodes pédagogiques des deux pays.

 

Retour sur le séminaire d’échanges en Chine

À Pékin en janvier 2019, les équipes du concours se sont réunies afin de finaliser les sujets du concours. Ce fut aussi l’occasion d’une conférence avec de nombreux enseignants de mathématiques et chefs d’établissement chinois. Lors de cette conférence, les différents orateurs français et chinois ont présenté les spécificités de l’enseignement mathématique dans leur pays. De nombreuses questions ont animé le débat.

L’équipe franco-chinoise de conception des sujets

Les orateurs lors de la conférence d’échanges

Présentations des dernières évolutions françaises

 

La coopération France-Chine à travers le concours

Compter avec l’autre est organisé en France par Animath et en Chine par la China Education Association for International Exchange (CEAIE) à l’initiative de l’Ambassade de France en Chine. Les trois acteurs travaillent de concert avec le soutien important du Ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse en France ainsi que du Ministère de l’éducation en République populaire de Chine.

 

Pour ceux qui lisent le chinois ou aiment les articles illustrés, quelques publications locales :

Clubs lycéens de mathématiques au Burkina-Faso

La convention signée entre Campus France et Animath en septembre 2018 a pour but de soutenir l’implantation et le suivi de clubs lycéens de mathématiques périscolaires dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne.

Nous avons le plaisir d’annoncer la signature d’une convention avec le Burkina-Faso le 13 Février 2019.

En collaboration avec l’Université Nazi Boni de Bobo Dioulasso, Animath prévoit d’organiser, durant une semaine fin mars 2019, une session intensive à destination de lycéens motivés pour y participer et rejoindre ensuite les clubs qui seront créés.

Cette Session permettra le lancement des premiers clubs de mathématiques périscolaires au Burkina Faso. Animath y enverra trois mathématiciens pour animer la session et initier les professeurs et chercheurs locaux à l’encadrement d’activités périscolaires.

Ecole d’été du club Animath du Lycée Japoma de Douala

Du 27 au 31 Août 2018

 

La sixième école depuis 2012 du club Animath camerounais s’est tenue fin août au Lycée Japoma de Douala.  Rassemblant une trentaine d’élèves, elle était animée par cinq personnes : trois chercheurs mathématiciens, Patrick Njionou de Douala, Denis Kuperberg et Simon Iosti de Lyon, un étudiant, ancien du club, Yvon Mandela tout juste rentré d’un stage pour lycéens organisé en juillet à Paris par l’École Normale Supérieure, et Simo Rodin, le jeune directeur de la start-up « math-entrepreneur ».


Déroulement


Lundi 27 août.   Thème de la journée : Graphes.

Matin :

– Petit cours sur les graphes. Définition (graphes simples non-orientés), premiers exemples.

– Exercice : nombre maximum d’arêtes d’un graphe à n sommets ? → graphe complet K_n.

– Cours : degré d’un sommet, somme des degrés = 2 x nombre d’arêtes.

– Exercice : Dans un groupe, chaque personne a 3 amis. Prouver qu’il y a un nombre pair de personnes. Et si seulement 3 amis en moyenne ?

– Activité en groupe : Coloriage de cartes. Chacun dessine une carte, et la fait colorier à son voisin, le but est que le voisin la colorie avec le plus possible de couleurs, le but du voisin est de la colorier avec le moins possible de couleurs.

– Cours : graphes planaires, lien avec les cartes et coloriages de graphes, théorème des 4 couleurs + historique rapide du théorème.

– Exercice : Trouver une carte coloriable avec exactement 4 couleurs, pas moins.

– Les cartes sur la sphère, le tore, théorème des 7 couleurs sur le tore, dessin de K_5 sur le tore.

Après-midi : Activités en groupes

– Ponts de Königsberg, plusieurs cartes avec des ponts, lesquelles ont un chemin ne passant qu’une seule fois par chaque pont ? Lorsque ce n’est pas possible justifier pourquoi. Théorème des chemins eulériens (énoncé au tableau).

– Interrupteurs sur un graphe. Sur un graphe, un interrupteur sur chaque sommet qui switche on/off le sommet et ses voisins. Exemples simples, puis trouver des stratégies qui fonctionnent pour les graphes K_n, K_n,n (bipartite complet), C_n (cycle), L_n (ligne).

Mardi 28 août  Thème de la journée : Théorie des jeux.

Matin :

– Correction de l’activité interrupteurs de la veille.

– Activités en groupe : Nim simplifié. Une pile de jetons, on enlève chacun à son tour 1 ou 2 jetons, celui qui enlève le dernier a gagné. Jouer au jeu, et trouver une stratégie gagnante ? Explication de la stratégie au tableau (avec le tableau des positions gagnantes, perdantes), puis question : stratégie gagnante si on a le droit de retirer 1, 2 ou 3 jetons ? Explication.

Nim/Marienbad. N piles de jetons, on retire autant de jetons qu’on veut dans une seule pile, celui qui prend le dernier jeton a gagné. Jouer au jeu, trouver une stratégie gagnante ? Stratégie gagnante dans le cas où N=2 ?

Après-midi :

– 2 exposés de Yvon Mandela (ancien élève ayant suivi une école d’été à l’ENS-Paris), et de Simo Rodin, qui gère une structure (Math Entrepreneur) qui fait le lien entre des mathématiciens professionnels et des entreprises.

– Fin de l’activité Nim : Explication de la stratégie gagnante pour N=2. Mini-cours sur les nombres binaires, et explication de la stratégie gagnante pour N quelconque. On laisse les élèves jouer pour expérimenter la stratégie gagnante.

– Activité en groupe : Chomp. Tablette de chocolat avec le carreau en bas à gauche empoisonné. Chaque joueur choisit à son tour un carreau, et le mange ainsi que tous les carreaux qui sont plus haut et plus à droite. Jouer et trouver une stratégie gagnante sur la grille carrée NxN. Explication de la stratégie gagnante pour NxN, puis explication au tableau de l’argument de vol de stratégie pour les grilles rectangulaires : le premier joueur a forcément une stratégie gagnante, mais on ne la connaît pas.

– Exercices pour le lendemain : Trouver la stratégie gagnante pour la grille 2xN.

4 villes aux 4 coins d’un carré de côté 1. Trouver le moyen de relier les 4 villes par des routes en minimisant la longueur totale des routes (on suggère la forme optimale : un H avec les côtés tordus, et on demande de trouver la taille exacte de la barre centrale du H).

Mercredi 29 août – Thème de la journée : Infini. (en fait seulement le matin)

Matin :

– Correction des exercices de la veille.

– Activité en groupe : Hôtel de Hilbert. Ajouter une personne, ajouter 3 personnes… Ajouter une infinité de personnes. Explications.

– Cours : Notion de bijection, pourquoi c’est pertinent pour comparer les ensembles infinis. Exemples avec N (entiers naturels) et N privé de 0, puis N et 2N.

– Activité en groupe : Hôtel de Hilbert avec une infinité de cars amenant une infinité de personnes chacun (hôtel vide au départ). Explications.

– Interlude : développement décimal périodique : 0,999… = 1, puis trouver des expressions rationnelles pour quelques nombres avec un développement décimal périodique.

– Cours : Argument diagonal pour N et R. Argument diagonal général pour un ensemble X et l’ensemble de ses parties. Dénombrabilité de Q, et preuve que racine de 2 n’est pas rationnel.

Après-midi :

– Énigmes variées (car la matinée a été déjà difficile pour les élèves).

– 9 pièces, une fausse pièce plus lourde, 2 pesées (puis version difficile : 12 pièces, 3 pesées, fausse pièce peut-être plus lourde ou plus légère)

– Fil qui fait le tour de la Terre, on ajoute 1m de fil, un chat peut-il passer dessous ?

– Deux personnes avec chapeaux noirs ou blancs, on ne voit que celui de l’autre, trouver une stratégie pour qu’au moins un des deux devine sa couleur de chapeau.

– Gâteau rectangulaire, on enlève une part rectangulaire n’importe où, découper le reste en deux parties égales en un seul coup de couteau.

– Bonus pour le lendemain : remplir une forme avec 4 pièces identiques (un L formé de trois carrés identiques) ; l’éléphant et les 3000 bananes.

Jeudi 30 août :

Matin:

Correction des énigmes: 4 villages en carré corrigée au tableau.
Elephant et 3000 bananes corrigée par un élève qui l’a résolue parfaitement.

Correction de l’énigme des 12 pièces.

Exposé de Patrick sur les fractions rationnelles, avec plusieurs exercices interactifs.

La notion de fraction continue simple a été introduite avec pour motivation les approximations de certains nombres réels sans avoir forcément besoin d’une calculatrice ou d’un ordinateur. Une technique de développement des nombres irrationnels quadratiques a été introduite et des problèmes interactifs posés. Les élèves ont plutôt très bien compris la méthode et ont pu fournir les développements pour presque tous les nombres qui leurs ont été fournis. Ensuite le problème inverse a été posé, celui de retrouver le nombre connaissant son développement en fraction continue. Enfin une brève idée des racines continues a été introduite avec quelques énigmes à solutionner. La séance s’est achevée sur cette énigme et nous sommes allés déjeuner.

Les déjeuners sont une occasion de prolonger les discussions mathématiques.

 Après-midi:

Cours sur le lambda-calcul, exemples de lambda termes et leurs réductions.

Encodage des booléens, et des fonctions NON, ET, OU, XOR.
Encodage des entiers (encodage de Church), et des fonctions Successeur, Addition. Multiplication laissée en exercice.

Difficile mais la plupart des élèves ont pu suivre, au moins vérifier que les fonctions définies étaient correctes. Certains réussissaient à les trouver.

Vendredi 31 août : Journée annulée pour cause d’accident de voiture le jeudi soir. Heureusement sans blessures personnelles ;  Il était prévu de présenter aux élèves nos différents domaines de recherches et diffuser puis commenter deux documentaires sur la vulgarisation des mathématiques. Nous programmons cette journée pour le weekend du 22 au 23 Septembre, le temps de régler certains problèmes d’abord.


Perspectives


En dépit de l’accident de circulation que nous avons eu Jeudi soir en rentrant du Lycée, et l’état des routes très difficiles, les activités se sont très bien passées et les élèves étaient très motivés. Peu d’élèves de Terminale invités ont répondu présents (à cause de la période qui est aussi la période des concours d’entrée dans les grandes écoles supérieures du pays) et nous pensons que pour les sessions à venir, les élèves de Premières et Secondes seront les plus aptes à participer.

Pour le financement du déjeuner des élèves, nous discutons avec Simo Rodin de Math Entrepreneur (qui est d’ailleurs venu vivre en direct l’organisation de cette année) pour voir comment convaincre certaines entreprises locales de trouver un peu de moyen financiers pour sponsoriser cette semaine. Dans cette partie de la ville, vivent les familles les plus défavorisées et même si on y trouve des enfants très intelligents, il est vraiment difficile de demander aux parents de faire des dépenses supplémentaires pour des activités extra scolaires.

En ce qui concerne l’éclosion de nouveaux clubs, le caractère bénévole et gratuit des séances n’encourage pas les enseignants à s’y lancer. Les salaires étant très bas, tous les enseignants de Mathématiques sont occupés pendant leur temps libre à travailler dans d’autres établissements pour avoir des compléments de revenus. Patrick continue néanmoins à discuter avec certains collègues mais ne peut garantir la pérennité des clubs qui pourront en sortir.

Convention de coopération entre Animath & Campus France

Cette convention, qui sera bientôt signée, doit permettre avec les soutiens de Campus France l’implantation et le suivi de clubs lycéens de mathématiques périscolaires dans huit pays d’Afrique subsaharienne.

Animath et Campus France conviennent de coopérer ensemble pour :

  • favoriser l’implantation et le suivi d’activités périscolaires en mathématiques dans les pays francophones de l’Afrique sub-saharienne ;
  • mettre en place dans ces pays des sessions de formation à l’animation d’activités périscolaires.

Ces activités se dérouleront en favorisant la naissance et le suivi de clubs lycéens périscolaires de mathématiques. Le fonctionnement de ces clubs est défini dans une charte (voir ci-dessous).

Charte des clubs de mathématiques Animath à l’étranger

Objectifs

Les objectifs poursuivis par Animath et soutenus par Campus France sont les suivants :

  • favoriser le développement scientifique des pays africains concernés en aidant à faire émerger des groupes de lycéen·ne·s très motivé·e·s susceptibles d’entreprendre des études supérieures scientifiques ;
  • dynamiser l’enseignement des mathématiques dans ces pays ;
  • favoriser l’intérêt pour de futures études en France auprès de lycéen·ne·s et étudiant·e·s africain·e·s motivé·e·s par les mathématiques et/ou l’informatique ;
  • développer la dimension francophone en contribuant à créer un réseau francophone des participant·e·s et ancien·ne·s participant·e·s (élèves et enseignants) des clubs mis en place.

Formation

Campus France et Animath se proposent de coopérer pour organiser dans plusieurs pays africains des sessions intensives d’au moins 5 ou 6 jours, sessions destinées :

  • d’une part aux élèves des clubs de mathématiques déjà implantés ou en voie de l’être ;
  • d’autre part aux animateurs et animatrices, ou animateurs et animatrices pressenti·e·s, pour encadrer des activités périscolaires en mathématiques.

Pour chaque pays participant, au moins une telle session sera organisée chaque année. D’autres sessions pourront être organisées pour y réaliser des initiations à la recherche en mathématiques auprès d’étudiants en licence. Certains de ces étudiant·e·s pourront ensuite recevoir d’Animath une recommandation en vue d’une inscription en master dans une université.

Il s’agit donc de :

* initier puis garder le contact avec quelques clubs en animant directement des stages et en organisant un suivi via Internet tout au long de l’année ;

* contribuer par ces stages à l’accompagnement des animateurs et animatrices sur place ;

* organiser des ressources dématérialisées pour aider à l’animation et garder le contact ;

* favoriser ce qui peut contribuer à la mise en œuvre et à la valorisation d’activités périscolaires ;

* mettre en place un suivi à long terme des étudiant·e·s ayant participé activement à ces clubs lycéens ;

* favoriser l’attractivité française pour des études universitaires scientifiques.

Dans quels pays ?

A ce jour, les pays concernés sont :

  • Le Cameroun : un club Animath y existe depuis 2010 au Lycée Japoma de Douala.
  • Le Congo-RDC où huit clubs Animath existent depuis 2015 et 2016.
  • Le Congo-Brazzaville, où le lancement de trois clubs est prévu.
  • Le Bénin : une première session Animath y a été réalisée en septembre 2016 avec l’Institut de Mathématiques et Sciences Physiques du Bénin et l’African School of Economics. La création de trois clubs est envisagée.
  • Le Sénégal : demande de participation et de création de clubs de mathématiques émanant du Réseau des Clubs Scientifiques du Sénégal.
  • La Côte d’Ivoire : accord reçu en provenance de la vice-présidente et de l’UFR de Sciences de l’Université Nangui Abrogoua.
  • Le Burkina-Faso : accord reçu de l’Université Nazi Boni, département de mathématiques et informatique.
  • Le Gabon : contact personnel avec le directeur de l’inspection générale de mathématiques.
  • Le Tchad : demande de coopération transmise récemment à Campus-France.

L’école d’été du club Animath de Douala

Le club de Douala au Cameroun a été le premier club Animath créé en Afrique. Il a été initié en 2011 au Lycée Japoma par Patrick Njionou, enseignant et docteur en maths (PhD soutenu en Allemagne en 2016). Le club est suivi à distance depuis la France. Des sessions intensives d’une semaine, rassemblant une quarantaine de lycéen·ne·s et co-encadrées par des mathématicien·ne·s français·e·s ont eu lieu en 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2018.

La session de cette année s’est tenue durant la dernière semaine d’août avec une trentaine de lycéen·ne·s. Deux enseignants-chercheurs mathématiciens de Lyon ont participé à son encadrement : Denis Kuperberg et Simon Iosti, sous la direction de Patrick Njionou, fondateur en 2011 du club Animath du Lycée Japoma.

La naissance d’un nouveau club camerounais est espérée en octobre 2018.

Animath a financé les voyages et séjours de ses deux intervenants.

Session Animath au Lycée Japoma de Douala en 2016

Un étudiant, M. Mandela, ayant participé au club depuis deux ans, a pu suivre à Paris l’école d’été internationale pour lycéens de l’École Normale Supérieure de Paris. C’est le seul parmi trois admis (du Congo, du Bénin) à avoir obtenir son visa pour venir en France.

Plus d’informations

Olympiades internationales de mathématiques : 1 médaille d’or, 1 médaille d’argent et 4 médailles de bronze pour l’équipe de France

Résultats de l’équipe française à #IMO2018 : 1 médaille d’or pour Paul Cahen (1ere or depuis 2007), 1 d’argent pour Baptiste Serraille, le bronze pour Arthur, Étienne, Pierre-Alexandre et Thimothée. Bravo à l’équipe qui se classe 33e à égalité avec la Roumanie !

Retrouvez le récit complet sur le site de la préparation olympique.