Historique (version longue)

Création de l’association

Animath a été créée en 1998. La réforme de la filière scientifique, avec la suppression des baccalauréats C et D pour être remplacés par le baccalauréat S à partir de la session 1995, avec à la clé, même pour les élèves choisissant la spécialité mathématique, une diminution très significative des horaires de mathématiques, et ipso facto des programme de mathématiques. La communauté mathématique s’inquiétait des conséquences que cette évolution aurait sur les études scientifiques.

Au printemps 1997, l’attention de la Société mathématique de France (SMF), avait été attirée sur la faiblesse des résultats des Français à l’Olympiade internationale de mathématiques (OIM) à partir de 1995 : alors qu’ils étaient classés jusque là dans les 10 ou 15 premiers par équipe, ils avaient été 30èmes en 1995, 36èmes en 1996 et 32èmes en 1997. Outre le passage au baccalauréat S, une interprétation nouvelle du règlement faisait que l’équipe de France ne comportait plus, à partir de cette date, d’élèves de Mathématique Supérieure. C’était plus conforme à l’esprit de la compétition, destinée aux lycéens, mais n’avait pas arrangé les choses.

Paul-Louis Hennequin, qui était à l’époque trésorier de la SMF, et Martin Andler, qui en était vice-président ont alors commencé une grande consultation pour étudier ce qui devrait être fait. Les avis de l’Inspection générale de mathématiques, de Claude Deschamps, qui était le responsable de la participation française à l’OIM, de l’Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public (APMEP), de la Société de mathématiques appliquées et industrielles, de Femmes et mathématiques, et d’un certain nombre d’associations et acteurs des mathématiques en France, dont Maths.en.Jeans, le Comité international des jeux mathématiques (CIJM), la Fédération française des jeux mathématiques (FFJM), Kangourou, Tangente, les IREM… ont été recueillis. Hennequin et Andler ont été reçus par Didier Dacunha-Castelle au cabinet du ministre de l’éducation nationale en septembre 1997.

Le consensus qui s’est dégagé est qu’il y avait besoin de créer une structure capable de donner une impulsion forte à un ensemble d’actions périscolaires, pas seulement la préparation olympique, qui, par nature, ne pouvait concerner qu’un tout petit nombre d’élèves très brillants, et un petit nombre d’établissements, mais destinées à toute et tout jeune intéressé.e par les mathématiques. L’encouragement à la création de clubs de mathématiques dans les établissements scolaires devait être une priorité. Il fallait donc créer une association qui donnerait une dimension nouvelle à la préparation olympique, que Claude Deschamps organisait jusque là avec très peu d’appui de la communauté mathématique, proposerait des actions nouvelles, mais aussi serait une « maison commune » pour tous les acteurs des activités mathématiques périscolaires. Plusieurs réunions ont eu lieu pendant l’année scolaire 1997-1998, des groupes de travail ont été constitués, un nom a été choisi (d’abord « Adamath », qui faisait penser à Hadamard, puis Animath).

L’assemblée générale constitutive d’Animath a eu lieu le 12 juin 1998 ; un conseil a été constitué, comprenant trois membres de droit : Martin Andler, pour la SMF et la SMAI, Michèle Pécal, pour l’APMEP, et Dominique Roux, pour l’Inspection générale de mathématiques, ainsi que 12 membres élus : André Antibi, Annick Boisseau, Jean-Pierre Boudine (qui sera remplacé par Yann Ollivier en 1999), Gilles Cohen, Michel Criton, Roger Cuculière, André Deledicq, Claude Deschamps, Pierre Duchet, Paul-Louis Hennequin, Jean-Pierre Kahane, François Lo Jacomo.

Le CA a à son tour élu le bureau, composé de Martin Andler (président), Paul-Louis Hennequin (secrétaire), Francois Lo Jacomo (trésorier), et nommé Jean-Christophe Yoccoz, Président d’honneur, ainsi que Henri Cartan, Gustave Choquet, Denis Gerll et Laurent Schwartz comme membres d’honneur.

Les actions des dix premières années

Action olympique. Dès l’été 1998, grâce à une subvention du Ministère de l’éducation nationale et un soutien du Kangourou, un premier stage de préparation olympique a été organisé à Orléans en collaboration avec la FFJM (auparavant, il n’y avait qu’un stage réservé aux membres de l’équipe de France, juste avant l’OIM). Ce stage a rassemblé 20 élèves entrant en 1ère et en Terminale, donc susceptibles de participer à l’olympiade internationale un an ou deux ans plus tard. Une tradition a ainsi commencé : le stage olympique d’été d’Animath a lieu chaque année depuis 1998.

Clubs et ateliers de mathématiques. Animath a organisé trois stages de formation d’animateurs de clubs de mathématiques, en 1999, 2001 et 2004 :

  • L’Université d’été 1999 Créer et animer un club de mathématiques en collège ou en lycée. Une grande partie des contributions et des activités est disponible sur ce site.
  • L’Université d’été 2001 Créer et animer un atelier de mathématiques dans son collège ou son lycée, description sommaire.
  • L’Université d’été 2004 La place des mathématiques vivantes dans l’éducation secondaire.

Un recensement des clubs de mathématiques a été effectué. Mais le développement de ces clubs s’est révélé être une tâche très difficile ; s’il en existe quelques centaines en France, nous sommes encore bien loin, en 2018, de l’objectif d’avoir des clubs dans la plupart des établissements !

Culture mathématique. Publication de deux brochures proposant des livres de mathématiques accessibles à des lycéens en 2002 (biblioanimath) et collégiens en 2005 (Biblio_College_Animath). Ces brochures ont été largement diffusées.

En 2006 a été créé, en collaboration avec la Société mathématique de France, le dispositif des « Promenades mathématiques », permettant la venue de chercheurs dans les établissements scolaires pour y donner des conférences (« promenades »). Ce dispositif a rencontré un réel succès, mais a du être suspendu en 2015 faute de financement.

En 2005, la SMF et la Bibliothèque nationale de France ont lancé un cycle de conférence « Un texte, un mathématicien », dont le responsable scientifique était Martin Andler. Cette première édition, dont les conférenciers furent D. Zagier, J.C. Yoccoz, P.-L. Lions et A. Connes ayant rencontré un réel succès, il fut décidé de poursuivre ce cycle, en cherchant à y faire participer des lycéens, en collaboration avec Animath. Ce cycle en est, en 2018, à sa 14ème saison, avec Animath pour partenaire chargé de la participation des classes de lycéens.

Promotion des activités mathématiques. Animath a beaucoup œuvré, avec l’Inspection générale des mathématiques, pour la création des olympiades académiques de mathématiques, dont la première édition a eu lieu en 2001. Parmi les lauréats des premières années, on trouve, en 2001, Rémy Oudompheng, 2ème prix, entré quelques années plus tard à l’Ecole normale supérieure de Paris, et maintenant ingénieur de recherche en informatique après une thèse en géométrie algébrique, Julien Szulman, 4ème prix, qui a menée de front études en mathématiques jusqu’à la licence et sa passion pour le violon, jusqu’à ce qu’il obtienne le premier prix au prestigieux concours Long-Thibaud, à 20 ans, et que sa carrière bascule définitivement vers la musique, ainsi que Mickael Launay, premier accessit ex-aequo, qui, après un doctorat de mathématiques s’est consacré à la diffusion des mathématiques vers les jeunes et le grand public, et dont la chaine Youtube et les livres sont aujourd’hui très populaires. En 2002, aux deux premières places, admis tous les deux en 2005 à l’École normale supérieure : Olivier Benoist, maintenant chargé de recherche au CNRS et Alexandre Boritchev, maintenant maître de conférences à l’université de Lyon. Aujourd’hui, les olympiades académiques de mathématiques, devenues olympiades nationales de mathématiques, concours de l’Éducation nationale dont Animath est partenaire, attirent plus de 20 000 candidats, parmi lesquels les meilleurs sont destinés à de brillantes études.

Communication. Le premier site web d’Animath a été créé en 2000, et a été hébergé par les serveurs de l’École normale supérieure à partir de 2001.

2008

Après dix ans d’existence, le moment était venu d’un bilan, d’une reformulation des objectifs de l’association, et d’un nouveau élan. L’association avait acquis une certaine légitimité, tant auprès de la communauté mathématique que du ministère de l’Éducation nationale. L’idée que les activités périscolaires étaient un élément important et à développer était mieux acceptée. Mais il restait beaucoup à faire. Une priorité était de faire mieux vivre la dimension « maison commune » d’Animath. A cet effet, un « manifeste d’Animath » ManifesteAnimath fut adopté, les statuts modifiés afin d’élargir le CA.

En 2005, les émeutes qui avaient eu lieu en banlieue parisienne avaient mis sur le devant la crise sociale, et le décalage croissant qui pouvait exister entre les possibilités éducatives qui étaient offertes aux jeunes de banlieue de milieu défavorisé par rapport aux jeunes issus des classes moyennes et supérieures vivant en centre-ville. Il était clair que les mathématiques n’échappaient pas à cette fracture sociale. Même si cette dimension était absente du Manifeste, l’idée faisait son chemin au sin d’Animath qu’il fallait nous saisir de cette question.

Sur un plan tout à fait différent, une autre inégalité persistait : les filles continuaient à être de facto tenues largement à l’écart des filières scientifiques proches des mathématiques. Elles étaient d’ailleurs peu présentes dans nos activités olympiques ; les promotions des écoles d’ingénieurs, de Polytechnique et des Écoles normales supérieures restaient très majoritairement masculines.

Lutter contre les inégalités devait devenir une priorité.

2009 – 2011 : croissance accélérée

Jusqu’en 2009, Animath était une toute petite association, sans salarié.e, et sans local. L’institut Henri-Poincaré nous donnait une boite aux lettres, et nous pouvions y tenir nos réunions, et c’est tout. Notre budget annuel en 2008 était de 29000€, dont la plus grande partie pour les olympiades académiques et le stage olympique d’été. Fin 2008, à la suite d’un contact établi avec le fonds Axa pour la recherche, nous avions été invités par eux à faire une demande de subvention. Cette subvention nous fut accordée : 100 000 € sur trois ans, pour nous permettre d’embaucher un cadre. Presque simultanément, nous obtenions une subvention importante de la région Ile-de-France pour un certain nombre d’actions que nous menions déjà, ou que nous comptions développer. Le directeur de l’institut Henri-Poincaré, Michel Broué, décida alors de nous attribuer un bureau nous permettant d’accueillir notre directrice salariée, Sophie Cavadini à compter de juin 2009. La montée en puissance des activités n’a pas tardé. En voici les principales, s’ajoutant à ce qui se faisait déjà.

  • Le nouveau site web, mis en place en 2008 par Xavier Caruso, un jeune chercheur CNRS en mathématiques très investi dans plusieurs activités d’Animath, a pu être considérablement enrichi.
  • Au traditionnel stage olympique d’été s’est ajouté, dès octobre 2009, un stage d’automne, pendant les vacances de la Toussaint.
  • Une nouvelle compétition mathématique internationale pour lycéens, International Tournament of Young Mathematicians a été lancée à l’été 2009 — sur un principe très innovant : compétition par équipes, où il s’agit de faire une recherche sur des problèmes ouverts posés plusieurs mois à l’avance.
  • Tenue en décembre 2009 de la première journée « Filles et mathématiques, une équation lumineuse« , coorganisée avec l’association femmes et mathématiques sous la houlette de Véronique Chauveau, la fois présidente de femmes et mathématiques et membre du bureau d’Animath.
  • Par arrêté ministériel du 10 juin 2010, obtention par Animath de l’agrément national du Ministère de l’éducation nationale au titre des associations éducatives complémentaires de l’enseignement public.
  • A l’été 2010, lancement de deux initiatives dont Animath était partenaire : des stages de mathématiques pendant les vacances pour élèves en fin de Seconde, destinés prioritairement à des jeunes de milieu défavorisé :
    • Le stage Science ouverte en Seine-Saint-Denis organisé par l’association Science ouverte, membre de notre association
    • les stages du Centre Galois, organisés par différents acteurs regroupés autour du laboratoire de mathématiques de l’université d’Orléans.
  • Lancement du projet « Les maths ça sert » au début 2011, avec le soutien de la fondation C’Génial : organiser des interventions d’usagers des mathématiques (techniciens, ingénieurs…) dans des classes, afin de montrer aux élèves et à leurs enseignants que « les maths, ça sert ! ».
  • A partir de l’expérience des stages Science ouverte et Centre Galois, lancement en 2011 par le ministère de l’éducation nationale, en partenariat avec la Fondation des sciences mathématiques de Paris et Animath, d’un vaste programme de stages intitulés « MathC2+ », destinés en priorité aux jeunes de milieu défavorisé ou isolés géographiquement, ainsi qu’aux filles de tous milieux.
  • A la suite du succès du tournoi international ITYM, création en 2011 d’un tournoi français selon le même principe (compétition par équipes, où il s’agit de faire une recherche sur des problèmes ouverts posés plusieurs mois à l’avance) : le Tournoi français des jeunes mathématiciennes et mathématiciens.

2012-2016. Cap’Maths

A la suite de la crise de 2008, le président Sarkozy avait confié aux deux anciens premiers ministres Juppé et Rocard la mission de définir ce que devrait être le programme du plan de relance économique qu’il comptait lancer, ce qu’on a appelé le « grand emprunt ». Le rapport Juppé-Rocard, publié fin 2009, avait identifié la culture scientifique et technique comme étant un enjeu important, en lien avec la problématique de l’égalité des chances.

Ces deux lignes nous avaient mis en alerte ; un contact avec le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, puis avec le Commissariat général à l’investissement, chargé de la mise en œuvre du Programme investissements d’avenir, avaient confirmé qu’un appel à projets était en préparation. Dès le mois de juin 2010, nous avions pris l’initiative d’une réunion avec les acteurs des mathématiques en France (dont beaucoup étaient membres d’Animath, mais pas tous) pour les alerter sur cette perspective. Nous estimions que les différentes actions dont les uns et les autres étions porteurs, et en particulier celles qui étaient axées sur les problèmes d’inégalités, nous donnaient une légitimité pour répondre à l’appel à projets. La Maison commune allait prendre tout son sens.

L’appel fut publié à l’automne 2010. Au terme de quatre mois d’un travail considérable coordonné par Animath, et en particulier par son secrétaire général Bruno Teheux, qui avait remplacé Sophie Cavadini en septembre 2010, et son président Martin Andler, le consortium « Cap’Maths », porté par Animath, réunissant l’ensemble des acteurs de la communauté mathématique française (sociétés savantes et organisations professionnelles d’enseignants, associations, organismes de recherche, acteurs de la culture scientifique…), déposa son projet le 28 février 2011. Au mois de septembre suivant, nous apprenions que notre projet faisait partie des douze projets retenus par le jury, avec un budget de 3 millions d’Euros, sous une contrainte de co-financement au moins égal. Cap’Maths allait démarrer le 1er janvier 2012.

Le projet Cap’Maths

Le point de départ était le constat d’un contraste : d’un côté, de très riches expériences sont menées par de nombreux acteurs un peu partout en France en matière de culture mathématique, d’actions en direction des jeunes de tous niveaux, des plus motivés à ceux qui ont les plus grosses difficultés, d’actions ciblées vers les jeunes filles ou dans les zones scolairement défavorisées. De l’autre, la perception des mathématiques dans le grand public est souvent négative ; le dynamisme des sciences mathématiques, leurs nombreuses interactions avec les autres sciences, leurs applications sont incomprises.

Partout dans le monde, et peut-être en France plus qu’ailleurs, les mathématiques ont une place décisive dans la construction du parcours scolaire des jeunes. Dans leurs succès, mais aussi dans les difficultés auxquelles notre système éducatif est confronté, notamment en matière d’aggravation des inégalités sociales et géographiques. En France comme ailleurs, les mathématiques paraissent éloigner beaucoup de jeunes filles.

Mais aujourd’hui, comme on le sait, la capacité de la France à assurer le renouvellement des cadres scientifiques : ingénieurs, chercheurs, professeurs… est en question.

Face à ces réalités, Cap’Maths estimait 1° qu’il était nécessaire de mobiliser nos forces pour inverser cette tendance ; 2° que les expériences de promotion de la culture mathématique et d’activités mathématiques périscolaires pouvaient être étendues, et engendrer ainsi un effet positif substantiel sur la réussite de tous.

Objectifs. Ils s’organisaient autour de quatre axes principaux :

  • atténuer les disparités sociales et géographiques ;
  • inciter et aider les jeunes filles à surmonter la barrière des préjugés pour se lancer dans des études à forte composante mathématique ;
  • améliorer la perception générale des mathématiques par le grand public et notamment les jeunes scolarisés, en améliorant la compréhension de leur impact, de leur utilité et de leur vitalité ;
  • augmenter globalement le flux d’étudiants effectuant des études longues dans un domaine scientifique, et en particulier dans les sciences à forte composante mathématique.

Le consortium allait encourager toutes formes d’activités susceptibles de contribuer à la réalisation de ces objectifs, et en particulier les actions permettant de :

  • renforcer la diffusion de la culture mathématique, notamment par le contact avec le monde de la recherche, en faisant porter l’effort tout particulièrement vers les jeunes, afin de montrer à tous que les mathématiques sont une discipline vivante, dont la recherche est florissante, de mettre en avant leurs interactions multiples avec toutes les sciences, leurs nombreuses applications et le rôle important qu’elles jouent dans la vie des entreprises ;
  • accroître fortement l’impact de différents types d’animation en direction des jeunes : concours, clubs, ateliers, travaux sur projets scientifiques, stages pendant les vacances ; développer de telles actions dans les zones socialement ou géographiquement défavorisées ;
  • encourager la participation des filles à toutes ces actions et, de plus, organiser des actions destinées à elles seules : tutorats, marrainages, journées… Tout cela ayant pour but leur engagement dans les filières scientifiques et techniques au lycée et dans des études supérieures dans les domaines des sciences et techniques où elles sont sous représentées ;
  • se doter des moyens d’une diffusion des initiatives les plus prometteuses (documents et films, sites web, forums…) et d’assurer à l’ensemble des actions une forte visibilité.

Les objectifs n’étaient pas seulement de nature opérationnelle, mais aussi de transformation fonctionnelle, d’une part en aidant les acteurs de l’animation mathématique à solidifier et professionnaliser leurs actions, d’autre part en mettant en place une structure pérenne de nature à prendre la suite de Cap’Maths en 2016, après épuisement de la dotation par l’Etat. Cette structure pourrait prendre la forme d’une fondation.

Fonctionnement de Cap’Maths. 1. Cap’Maths était un consortium d’organisations de natures différentes : associations, fondations, institutions publiques… Cap’Maths n’aavait pas d’existence juridique propre. Le consortium était porté par Animath, qui en assume donc la responsabilité juridique et financière.

2. Dès la préparation du projet, le souhait commun était que Cap’Maths soit un consortium ouvert, c’est-à-dire que toute structure soit susceptible de recevoir des fonds de Cap’Maths, qu’il s’agisse d’une structure fondatrice de Cap’Maths ou non. Il en est résulté un système d’appels annuels à projets.

3. Cap’Maths avait ses propres organes de décision : son conseil d’orientation, présidé d’abord par Yves Meyer, puis Cédric Villani, était décisionnaire. Aucun représentant d’Animath ne siègeait dans ce comité, mais Animath en assurait le secrétariat. Le conseil d’orientation avait nommé un comité de sélection, qui examinait les dossiers et donnait un avis scientifique. Des appels ont été lancés chaque année entre 2012 et 2016.

Un bilan synthétique de Cap’Maths

Les actions. Cent-cinquante actions ont été financées pendant la durée de Cap’Maths (5 ans). A peu près 40% d’entre elles ont été reconduites d’année en année. 70% des actions ont été portées par des associations, 25% par des structures publiques, et 3% par des sociétés privées.

Environ 950 000 personnes ont été touchées de manière ponctuelle (assister à une conférence, aller à une exposition, mais aussi participer à un concours, ce qui a certainement plus d’impact), auxquelles il faut ajouter 260 000 personnes touchées de manière plus approfondie. Ce total de 1,2 millions, soit près de 250000 par an, n’inclut pas les participants au concours Kangourou (plus de 5000 000 par an), qui est autofinancé par les frais de participation, ni une bonne partie des participants aux rallyes mathématiques, lesquels n’ont bénéficié de financements Cap’Maths que certaines années.

Un peu plus d’un quart des actions menées avaient un objectif social prioritaire. Plus de 20% concernaient les villes non-universitaires et les zones isolées, plus de 25% la banlieue parisienne. 9% des actions ont attiré moins de 30% de filles, 5% plus de 70% de filles ; pour le reste, soit 86%, la proportion de filles a été comprise entre 30 et 70%.

La typologie des actions financées par Cap’Maths la suivante :

Typologie-Cap’Maths

Le bilan financier. Le Commissariat général à l’investissement avait accordé à Cap’Maths en 2011 une subvention de 3 000 000€, sous réserve d’un cofinancement au moins égal, pour un projet prévu pour 4 ans. Le projet a, en fin de compte duré 5 ans. Le budget total du projet pour la durée amendée de 5 ans a été de 5 670 622,03 €, pour une part PIA de 2 099 993,46 €, selon la répartition suivante entre phases.

La pérennisation. Le projet déposé initialement prévoyait la création au terme de Cap’Maths, d’une structure susceptible de prendre le relais et d’avoir une capacité de levée de fonds. C’est ce qui s’est produit avec la création de la fondation Blaise-Pascal, créée en 2017 comme fondation adossée à l’université de Lyon. Le reliquat de Cap’Maths, soit 900 000 € a été, par décision du commissariat général à l’investissement, transféré à la fondation Blaise-Pascal pour amorcer son fonctionnement.

Une nouvelle dynamique

L’impulsion donnée aux actions d’Animath par les financements Cap’Maths a fait franchir à l’association un cap important, avec une capacité accrue à trouver des financements publics et privés.

Les cinq dernières années ont vu une implication croissante dans l’association de bénévoles très jeunes, le plus souvent des anciens participants aux actions d’Animath maintenant devenus étudiants.

Cette implication a donné une impulsion aux actions existantes :

  • le TFJM^2 a connu un développement spectaculaire ; au départ il y avait seulement un tournoi national ; maintenant, il y a huit tournois régionaux et une finale nationale ;
  • le programme olympique, qui concernait trente à quarante jeunes, en rassemble plus d’une centaine, avec une forte progression de la proportion de filles et une meilleyre représentativité géographique ;
  • les journées