Conférences « Un texte, une aventure mathématique »

Conférences « Un texte, une aventure mathématique »

Les conférences du cycle « Un texte, une aventure mathématique » sont de formidables vecteurs pour illustrer les thèmes de recherche mathématique actuels tout en les replaçant dans leur contexte historique.

En île-de-France, elles se tiennent dans un des hauts lieux du partage et de la préservation du savoir : la Bibliothèque nationale de France.

Pour les autres régions de la France, nous travaillons avec des partenaires directement sur place donc les lieux peuvent changer régulièrement.

Ce cycle est co-organisé par la Société Mathématique de France et par la Bibliothèque nationale de France.

Ces conférences sont gratuites et destinées aux classes de première et terminale ainsi qu’au grand public. Depuis la création du cycle en 2005, plus de 6000 élèves y ont assisté. La participation des élèves se fait sur inscription :

  • collective pour les classes, l’enseignant se chargeant d’inscrire et d’accompagner ses élèves. À noter que nous pouvons prendre en charge la location de cars pour les lycées souhaitant venir en groupe (merci de le renseigner sur le formulaire ci-dessous) ;
  • individuelle pour les élèves qui participent d’eux-mêmes sans enseignant•e.

Le formulaire d’inscription collective est commun à toutes les conférences. Pour les inscriptions individuelles, un bouton d’inscription est disponible sous la description de chaque exposé.

En complément de l’inscription collective pour les classes, vous avez la possibilité de demander à rencontrer un chercheur ou une chercheuse en mathématiques afin de découvrir son sujet de recherche, son parcours et de préparer avec lui/elle cette conférence. Il s’agira d’une heure d’exposé et de discussion, quelques jours avant la conférence, avec un chercheur ou une chercheuse en mathématiques bénévole pour l’association Animath. Cela aura lieu si possible en présentiel dans votre établissement scolaire ou en visioconférence, selon vos conditions d’organisation.

“Veuillez noter que ces inscriptions doivent être effectuées au moins 5 semaines avant la date de la conférence.”


Avant la conférence, une visite guidée du site François-Mitterrand est proposée à 16h30.
Elle comporte 45 minutes de présentation des collections de mathématiques en Salle C (Sciences et techniques) avec une présentation des collections de mathématiques (dont les bandes dessinées) avec un médiateur culturel.

Inscriptions obligatoires : visites@bnf.fr ou 01 53 79 49 49.
Tarif : 60 € par groupe de 35 personnes (accompagnateurs inclus), gratuit pour les établissements relevant de l’éducation prioritaire.
Règlement : sur place, par bon de commande ou via le Pass Culture.

Ces visites sont facultatives et ne conditionnent pas l’inscription à la conférence.


“Veuillez noter que les inscriptions doivent être effectuées au moins 3 semaines avant la date de la conférence.”

Des conférencier·es à la fois brillant·es et pédagogues !

Bibliothèque Nationale de France (BnF)

9 décembre 2026

18:30 – 20:00 : L’art de tracer la « bonne » courbe : Grace Wahba et la révolution des splines

Marie Doumic – École polytechnique

Résumé : Comment la médecine peut-elle modéliser et s’efforcer de prédire la progression d’une maladie à travers des données de patients tous différents ? Comment les météorologues parviennent-ils à dessiner des cartes de température « lisses » (qui varient de façon régulière) à partir de relevés ponctuels, dispersés et imparfaits ?

Derrière ces questions scientifiques actuelles et derrière bien des outils du quotidien on trouve les travaux de la mathématicienne « Grace Wahba », pionnière de la statistique moderne et de la science des données. Surnommée la « mère des splines de lissage », elle a consacré sa carrière à résoudre un problème fondamental : comment tracer une courbe logique, fluide et prédictive à travers des données réelles, qui sont par nature incomplètes et parasitées par du « bruit » (des erreurs de mesure) ?

Cette conférence vous invite à découvrir l’histoire et l’impact des recherches de Grace Wahba, plus particulièrement à travers son ouvrage phare de 1990, « Spline Models for Observational Data » (« Modèles de splines pour les données d’observation »). Nous verrons comment une idée qui tire son nom d’un outil en bois souple, la « cerce » en français (« spline » en anglais), utilisée autrefois pour la conception des coques de navire, est devenue l’un des piliers des algorithmes d’intelligence artificielle d’aujourd’hui.

La conférence sera accessible en ligne après inscription ici.


13 janvier 2027

18:30 – 20:00 : L’incomplétude de Gödel : les limites de la méthode axiomatique

Sylvy Anscombes – Université Paris Cité

Résumé : Au tournant du XXe siècle, les mathématiciens ont cherché à fonder l’ensemble de la vérité mathématique sur quelques règles de départ inébranlables, appelées axiomes : des énoncés que l’on choisit d’admettre sans les démontrer, et dont on déduit tout le reste — un peu comme les règles d’un jeu, à partir desquelles se déroulent toutes les parties possibles. Le grand rêve était de bâtir un cadre unifié capable de prouver ou de réfuter n’importe quelle proposition. En 1931, Kurt Gödel a brisé cette attente : quel que soit le système de règles choisi, pourvu qu’il ne se contredise pas lui-même et qu’il soit assez riche pour parler des nombres entiers, il y aura toujours des affirmations vraies qu’il ne permet pas de démontrer. Autrement dit, il manquera toujours quelque chose — c’est ce que l’on appelle ses théorèmes d’incomplétude. Nous verrons comment Gödel a réussi ce tour de force, pourquoi « vrai » et « démontrable » ne veulent pas dire la même chose, et ce que cela nous apprend encore aujourd’hui, à l’heure des ordinateurs et de l’intelligence artificielle.

La conférence sera accessible en ligne après inscription ici.


3 février 2027

18:30 – 20:00 : Les transformations de Luigi Cremona au fil d’un siècle

Serge Cantat – Université de Rennes

Résumé : En 1864, depuis Milan, Luigi Cremona fait parvenir un texte de plus de cent pages à l’Académie des sciences de Berlin. Il espère ainsi recevoir le prix Steiner, nouvellement créé, qu’il partagera finalement avec Rudolf Sturm. Son texte traite des surfaces cubiques, donc de la géométrie des surfaces qui sont définies par des équations polynomiales. Combien y a-t-il de droites tracées le long d’une telle surface ? Peut-on passer d’une telle surface au plan par une construction géométrique analogue à la projection stéréographique ? C’est à ce type de questions qu’il répond.

Cent ans plus tard, près de Boston, Edward Lorenz s’intéresse à des modèles simplifiés décrivant les mouvements de l’atmosphère et les phénomènes de convection. Il découvre un objet mathématique qui deviendra l’un des joyaux de la théorie des systèmes dynamiques et sera rapidement appelé l’attracteur de Lorenz. Cet « attracteur’’ illustre la théorie du chaos, et son lien avec les mouvements de l’atmosphère conduira Lorenz à demander si un battement d’aile de papillon au Brésil peut provoquer une tornade au Texas. Or, une fois revisité par Michel Hénon, l’attracteur de Lorenz, ou plutôt un de ses cousins mathématiques, apparaît au sein des objets étudiés par Cremona. 

Simultanément, mais à Moscou, Yuri Manin s’attaque à un problème d’arithmétique lui-même en lien avec les travaux de Cremona. 

 Géométrie, arithmétique et dynamique offrent alors trois regards croisés sur le même type d’objets : c’est cette multiplicité des points de vue qui sera le fil directeur de l’exposé. 

La conférence sera accessible en ligne après inscription ici.


17 mars 2027

18:30 – 20:00 : Le problème des rencontres

Javier Fresán – Sorbonne Université

Résumé : Il ne sera pas question de trouver l’amour à l’époque des applications de rencontres, mais de calculer la probabilité qu’une permutation aléatoire n’ait aucun point fixe. C’est ainsi que l’on formule aujourd’hui une question posée par Pierre Rémond de Montmort dans son Essay d’analyse sur les jeux de hazard de 1708, l’un des premiers grands ouvrages ayant contribué à faire passer le hasard du domaine des superstitions à celui des lois mathématiques. Il en trouvera lui-même la solution quelques années plus tard, puis l’approfondira dans sa correspondance avec Nicolas Bernoulli avant de la faire paraître dans la seconde édition. Après un détour par la vie romanesque de Montmort et la réception mouvementée de son essai, j’expliquerai plusieurs méthodes pour résoudre le problème des rencontres. Nous verrons enfin ce résultat ressurgir dans le calcul de la proportion des nombres premiers modulo lesquels un polynôme à coefficients entiers donné n’a aucune racine.Il ne sera pas question de trouver l’amour à l’époque des applications de rencontres, mais de calculer la probabilité qu’une permutation aléatoire n’ait aucun point fixe. C’est ainsi que l’on formule aujourd’hui une question posée par Pierre Rémond de Montmort dans son Essay d’analyse sur les jeux de hazard de 1708, l’un des premiers grands ouvrages ayant contribué à faire passer le hasard du domaine des superstitions à celui des lois mathématiques. Il en trouvera lui-même la solution quelques années plus tard, puis l’approfondira dans sa correspondance avec Nicolas Bernoulli avant de la faire paraître dans la seconde édition. Après un détour par la vie romanesque de Montmort et la réception mouvementée de son essai, j’expliquerai plusieurs méthodes pour résoudre le problème des rencontres. Nous verrons enfin ce résultat ressurgir dans le calcul de la proportion des nombres premiers modulo lesquels un polynôme à coefficients entiers donné n’a aucune racine.

La conférence sera accessible en ligne après inscription ici.

Les cycles précédents


Modalités de participation

Les conférences sont prévues pour avoir lieu en présentiel. Elles seront également accessibles en vidéo diffusée en direct, puis en replay. Le conférencier ou la conférencière interagit avec le public à distance grâce à une personne chargée de l’animation de la conférence et via un tchat écrit.

Activités pédagogiques proposées

En pratique, pour le cycle 2026, les partenaires proposent pour les classes de lycée :

  • d’inscrire les groupes d’élèves de Première et de Terminale (en priorité en enseignement de spécialité Mathématiques) accompagnés de leur enseignant·e pour leur assurer la priorité dans l’auditorium ou de donner accès à la vidéo en direct de la conférence éventuellement accompagnée d’un accueil organisé spécialement pour les scolaires ;
  • de permettre aux établissements participants d’accueillir en leur sein un chercheur ou une chercheuse en mathématiques pour une pré-conférence de préparation au thème de la conférence à la BnF ;
  • d’offrir aux classes de lycéen·ne·s, utilisateurs et utilisatrices potentiel·le·s de la bibliothèque, une découverte des ressources de la BnF.

Vous pouvez imprimer l’affiche, le flyer tout public et le dépliant pour les groupes scolaires, afin de diffuser dans votre établissement les informations concernant ce cycle de conférences.

Vidéo d’une participation scolaire

Pour les classes de lycéen·ne·s, les partenaires s’unissent pour permettre aux élèves d’assister aux conférences dans les meilleures conditions et profiter de l’occasion pour découvrir les ressources de la bibliothèque.

Retrouvez l’expérience de la classe de terminale S du lycée Francisque Sarcey à Dourdan. Pour les dix ans de ce cycle, des élèves ont rencontré Rémi Molinier, chercheur en mathématiques pour une préconférence dans leur lycée, puis Damien Gaboriau, directeur de recherche au CNRS, lors d’une des conférences « Un texte, une aventure mathématique » à la BnF. Partez avec eux à la rencontre des mathématiques !

Organisateurs du cycle

Cycle de conférences organisées par la Bibliothèque nationale de France et la Société Mathématique de France.

Les résumés des conférences et présentations des conférenciers se trouvent sur le site de la Société Mathématique de France ainsi que sur le site de la Bibliothèque nationale de France.