Bandeau
Association Animath
Association pour l’animation mathématique

Animath est une association loi 1901, dont le but est de promouvoir l’activité mathématique chez des jeunes, sous toutes ses formes : ateliers, compétitions, clubs... dans les collèges, lycées et universités, tout en développant le plaisir de faire des mathématiques.

Diane Gallois-Wong
Article mis en ligne le 31 août 2010
dernière modification le 10 octobre 2015
Imprimer logo imprimer

Diane Gallois-Wong a obtenu en 2010 le premier prix ex-aequo aux Olympiades académiques de 1ère. Elle a participé pour l’équipe de France à l’Olympiade balkanique puis à l’Olympiade internationale également en 2010, où elle a obtenu, les deux fois, une médaille d’argent. A l’OIM, elle a terminé à la 76ème place, mais 3ème fille dans une compétition qui attire davantage les garçons que les filles. Elle entre en terminale au lycée Louis-le-Grand en septembre 2010. L’entretien ci-dessous a eu lieu à la fin du stage de Grésillon au mois d’août 2010

Diane, tu es la première Française sélectionnée pour l’Olympiade Internationale (IMO) en fin de première, et la première Française à obtenir une médaille d’argent à cette épreuve. C’est également toi qui as obtenu le meilleur résultat à l’Olympiade Balkanique (BMO) début mai. Est-ce que tu t’y attendais ? Ces deux Olympiades t’ont-elles semblé faciles, ou te sens-tu stimulée par cette ambiance de compétition ?

Quelques semaines avant les BMO, je n’étais toujours pas certaine d’être sélectionnée pour y participer, alors si je m’attendais à obtenir une médaille d’argent ! J’espérais réussir au moins un exercice, décrocher peut-être une médaille de bronze avec beaucoup de chance… Ce résultat encourageant m’a permis de partir plus confiante aux IMO, où j’ai néanmoins été très agréablement surprise par cette seconde médaille. Les deux épreuves m’ont semblé difficiles ; mais bien sûr, je n’entendais pas résoudre tous les problèmes. Les IMO étaient, paraît-il, plus difficiles que l’année dernière, à l’inverse des BMO. Quoi qu’il en soit, les médailles étant réparties selon certains pourcentages sur les participants, leur attribution ne dépend pas de la difficulté des énoncés. L’ambiance est assez impressionnante avec les enveloppes destinées à recevoir chacune la solution d’un problème différent, l’énoncé en langue anglaise qu’on reçoit en plus de la version française, les petits cartons « More paper », « Water please », etc. utilisés afin de ne pas rompre le silence studieux qui plane sur la salle… Mais bientôt la tension palpable dans l’atmosphère est oubliée, ce qui laisse un cadre idéal pour travailler.

C’est la troisième fois que tu participes au stage de Grésillon, et cette année tu as dû renoncer à un voyage en Pologne avec les lauréats de Kangourou. Est-ce l’ambiance conviviale du stage ou la qualité de la formation qui te motive ? Le stage est-il une bonne préparation à l’Olympiade Internationale ? Y a-t-il une grande différence de niveau entre le stage et l’Olympiade Internationale ?

C’est déjà très triste car c’était cette année mon dernier stage à Grésillon… Je n’aurais surtout pas voulu le manquer. Bien sûr, je regrette de ne pas être allée en Pologne avec d’autres lauréats rencontrés à la finale du Kangourou, mais il faut bien choisir. A Grésillon, je peux préparer efficacement les prochaines Olympiades en passant une semaine très sympa à faire des maths, et jouer aux cartes (le reste du temps) avec beaucoup d’amis rencontrés pendant les autres stages et quelques nouvelles connaissances. Je pense que les stages sont très utiles pour préparer les Olympiades, tant les cours où l’on découvre des méthodes, des théorèmes permettant de résoudre des exercices différents de ceux que l’on fait au lycée, que les tests en trois ou quatre heures auxquels on se familiarise, apprenant à construire avec persévérance une solution sans question intermédiaire pour guider le raisonnement. On découvre aussi qu’il ne faut pas se décourager lorsqu’on n’avance pas : il arrive souvent de résoudre un exercice durant le dernier quart d’heure, voire de ne rien trouver du tout, ce qui n’est pas grave ! C’est agréable de passer des tests qui n’ont pas d’autre enjeu que l’entrainement. Ensuite, lorsque les résultats ont une plus grande importance, on est un peu moins tendu. Les stages comportent différents groupes : pendant que certains découvrent les bases des maths olympiques, d’autres travaillent sur des exercices qui peuvent atteindre le niveau des problèmes faciles, voire intermédiaires des Olympiades.

Tu assistes notamment aux cours de Bodo Lass dans le cadre du club de mathématiques discrètes de Lyon bien que tu habites Paris. Cette année, plus encore que d’habitude, c’est la géométrie qui a départagé les candidats, et la France s’est distinguée notamment sur le problème 2. Est-ce dû à la formation en géométrie projective que vous a donnée Bodo Lass ?

La plupart des Français que j’ai rencontrés pendant la préparation olympique affirment que la géométrie est le domaine qui leur donne le plus de mal. L’approche projective que nous enseigne Bodo permet d’aborder les problèmes de géométrie différemment : des énoncés qui semblent très différents peuvent présenter de grandes similitudes du point de vue projectif, qui réduit en quelque sorte le nombre de configurations ; et un problème choisi par le jury pour sa difficulté peut malgré tout avoir une preuve projective simple et rapide. Je pense qu’on peut dire que c’est grâce à Bodo que la France a obtenu 56 points sur les problèmes 2 et 4 réunis. Pour ma part, la géométrie (non projective) a toujours été ce que je préférais. Les cours à Lyon m’ont permis de beaucoup m’entraîner dans ce domaine (et dans d’autres, par exemple les inégalités, qu’on aborde souvent). Rechercher des preuves projectives peut beaucoup aider mais n’est jamais obligatoire ; toutes les méthodes sont bonnes pour chercher un problème d’Olympiade.

Sais-tu ce que tu veux faire plus tard et la préparation olympique t’a-t-elle apporté quelque chose en vue de cet avenir ?

Plus tard, je veux faire des maths. Quel métier exactement, je ne suis pas encore certaine… probablement de la recherche. J’ai toujours aimé les maths, mais la préparation olympique m’a permis de réaliser à quel point, de découvrir que ça me plait même quand j’en fais sept, huit heures par jour ! En plus de nouvelles connaissances mathématiques et d’une habitude de chercher des problèmes déjà plus longs et moins guidés qu’au lycée, la préparation olympique me permet de rencontrer d’autres passionnés de maths de mon âge, parmi lesquels certains en feront sans doute aussi leur métier.



pucePlan du site puceContact puceEspace rédacteurs puce

RSS Valid XHTML 1.0 Strict

2008-2017 © Association Animath - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.85.7
Hébergeur : ENS Ulm